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25/09/2008

Faire du vin...

Faire du vin en Languedoc... Sommes nous inconscients, obstinés peut être? Pensez donc quand tant de régions françaises produisent des appellations prestigieuses.

Qui sommes nous pour vouloir défier ces géants?

Et puis quel modèle voulons-nous adopter? Si nous ne sommes pas les gardiens d'une tradition de qualité, sommes nous les précurseurs d'une modernisation déjà en marche en Californie ou en Australie qui verrait triompher les vins lisses, travaillés, parkerisés?

A y regarder de près, tous les modèles cohabitent dans notre belle région : grands domaines et petites exploitations, vins industriels et vins de niche, le bon, voire l'excellent et le moins bon, les riches et les pauvres, le modèle coopératif et le modèle individuel.

Jamais une région, n'aura abrité tant de diversité. Une diversité bien nuisible qui rend l'entente difficile lorsque les intérêts divergent pareillement.

Depuis que le vin est un produit commercial, on nous a dit tout et son contraire : à l'époque de la consommation de masse, nous étions les pourvoyeurs de Bercy, la variable d'ajustement de la production française. Au moment de la mécanisation, nous avons été le champ d'expérience des agronomes. Nouveaux cépages, nouvelles tailles, traitements de tous ordres; on nous a subventionnés pour planter en plaine, puis pour arracher en plaine et planter sur les coteaux.

Devons-nous réinvestir la plaine, laisser aller les rendements (dont aucun disent que la maitrise n'a pas d'impact sur la qualité) et nous entendre dire que nous ne sommes toujours pas compétitifs avec ceux qui tiennent le marché international; devons nous grimper encore sur nos collines, aménager des parcelles dans les cailloux des garrigues, faire des nectars d'exceptions commercialisés en vins de table faute de disposer d'appellations adéquates?

Région viticole pourvoyeuse d'emploi, l'impact de la vigne n'était négligeable ni sur les emplois ni sur l'aménagement du territoire. Le climat ne favorise pas les cultures de substitution. Sans la vigne, que deviendraient les paysages languedociens? Cependant, le maintien à toute force d'un bassin d'emploi et d'une culture structurante ne sont pas à elles seules de bonnes raisons.

Nous devons affirmer que si nous continuons à faire du vin ici, c'est pour permettre à la terre d'exprimer quelque chose qu'elle ne peut exprimer nulle part ailleurs. Ne croyons pas que nous sommes voués irrémédiablement à la production de masse d'une boisson qui a depuis longtemps cessé d'être l'objet d'une consommation de masse. Nous serions alors condamnés aux cycles d'euphorie et de crises.

Mais pour cela, il faut trouver ou retrouver une identité bien au delà d'un sud de France uniforme et commercial.

17:15 Publié dans Le vin | Lien permanent | Commentaires (0)

05/09/2008

Pollueur, payeur

Pollueur, payeur... et nous la payons cette taxe pour pollution diffuse sur chaque produit phytosanitaire susceptible d'entrainer des dommages pour l'environnement. Elle a certainement le mérite d'attirer l'attention de ceux qui ne seraient pas encore conscients de leurs responsabilités sur la toxicité de certains de nos moyens de traitement. Mais faut-il ajouter une culpabilité supplémentaire à une liste déjà bien longue. Nous, vignerons, serions responsables des dommages liés à la consommation d'alcool excessive et rejetterions dans l'atmosphère des quantités considérables de gaz à effet de serre par un usage immodéré des engins agricoles ou simplement par la production de gaz carbonique lors de la fermentation de nos vins.

Si de nombreux produits utilisés en viticulture sont toxiques pour l'environnement, ils le sont aussi au premier chef pour ceux qui traitent les vignes et qui n'ont pas toujours conscience du danger qui les menace. Ne considérons pas que le port de gants, d'une combinaison étanche ou de masque à gaz soit une réponse définitive. Bien sûr il faut dire au consommateur que celui qui manipule un litre d'une solution concentrée qui sera finalement répandue sur un hectare de vigne court un risque beaucoup plus grand que le consommateur final du vin que cette vigne produira. Il n'en est pour preuve que l'incidence alarmante de cancers atypiques ou d'atteintes génétiques chez les agriculteurs et leurs enfants pour être vigilants et refuser de tomber dans la facilité du tout chimique. La profession en prend maintenant conscience mais est-il si facile de changer des habitudes qui ont eu pendant quelques décennies un impact économique positif?

Je prendrai deux exemples, celui des herbicides et celui des traitements d'hiver contre les maladies dégénératives. L'industrie chimique a produit des désherbants extrêmement efficaces et peu couteux (diuron, glyphosate). Le diuron est maintenant interdit en France à cause de sa rémanence importante dans les sols et de problèmes de toxicité liés à ses produits de dégradation. Le glyphosate est désormais l'herbicide le plus utilisé en France. Son mode d'action a pu laisser penser qu'il n'était pas toxique pour les animaux, mais on ne sait rien de l'effet de ses produits de dégradation. Cependant, ce ne sont pas les agriculteurs les principaux utilisateurs de ce produit mais les jardiniers. Il s'agit en effet d'un désherbant total bien utile pour se débarrasser de quelques mauvaises herbes qu'il suffirait d'arracher dans une allée de jardin.

Il existe une multitude d'autres désherbants homologués pour la vigne -près de 190 spécialités, rangées essentiellement en deux catégories suivant qu'elles agissent avant ou après la germination de la plante à éliminer. Que font les vignerons en face de cette avalanche? Ils minimisent l'utilisation de ces substances, tout d'abord, il faut le dire, pour des raisons économiques et non écologiques. Avec l'augmentation des écartements, les inter-rang (surtout dans nos régions) sont devenus très vastes. L'herbe qui y pousse n'entre qu'à certaines conditions en compétition avec la vigne. Bien au contraire, elle contribue à l'aération des sols et au maintien de leur portabilité lors du passage des engins. Alors on ne désherbe plus que sur le rang. A la condition de bien sélectionner l'enherbement, de l'éliminer par des moyens mécaniques dès qu'il entre en compétition avec la vigne, on peut réduire significativement l'usage des désherbants.

Pour ce qui est de l'autre exemple, les traitements d'hivers, point de salut. La seule substance active, l'arsénite de sodium, est désormais interdite. C'est tant mieux car elle était extrêmement toxique pour l'homme et les animaux. Mais sans elle, chaque année apporte son contingent de pieds à arracher et à remplacer. Quelques pourcents suffisent à détruire une vigne en quelques années. Bien sûr on peut enrayer la disparition de la parcelle en remplaçant les manquants mais à ce rythme dans quelques années, on ne trouvera plus de ces vieilles vignes à petits rendements qui produisaient les meilleurs vins.

Où chercher les raisons de cette spirale des maladies que l'on combat à l'aide de produits de plus en plus diversifiés? Nous avons échappé au mildiou et à l'oïdium par le soufre et le cuivre, au phylloxéra par la greffe, mais dans le même temps, nous avons gravement endommagé l'équilibre de la faune en détruisant les prédateurs des ravageurs de la vigne (je pense au difficile équilibre des acariens par exemple). La pratique du clonage qui fait qu'une vigne est constituée désormais d'individus tous identiques, la fragilité de la greffe, le tassement des sols rendent les vignes sensibles à la moindre attaque et le recours aux produits de défense inéluctable. Revenons à des pratiques plus saines, plantons des haies où des oiseaux et des insectes utiles pourront à nouveau se développer, généralisons le travail mécanique, observons nos vignes pour déterminer le meilleur temps de traitement, recherchons des marqueurs fiables qui révèlent correctement les effets à long terme de nos pratiques sur l'environnement et même si le chemin de la raison est long, nous serons alors sur la bonne voie.

09:15 Publié dans La vigne | Lien permanent | Commentaires (0)

01/09/2008

Création

Pourquoi les Cardinelles?

Après une longue période en cave coopérative mise à profit pour replanter de nouveaux cépages, nous avons décidé en 2003 de relancer la production de vin dans notre cave. Nous avions la chance de posséder un chai ancien, semi-enterré. Nous l'avons débarrassé du matériel obsolète qu'il abritait encore et nous l'avons ré-équipé en matériel moderne. Notre première cuvée est sortie en 2003, des rouges puissants assemblages de Syrah et de Carignan assez caractéristiques de ce que la pleine maturité peut offrir dans nos régions.

Il nous fallait un nom. Saint Georges est celui que le cadastre donne aux lieux qui entourent la cave, sans doute une ancienne propriété des chanoines de Nissan; l'église, qui était celle des chanoines et non celle du village, n'est pas bien loin. Mais ce nom, certes évocateur d'autres vignobles, ne nous distinguait pas assez.

Retour aux vieux actes notariés. Nous avons trouvé le nom ancien du domaine. Hélas, il avait été déposé par un confrère et nous n'avons pas pu l'utiliser. Nous avons forgé Cardinelles à partir de ses consonances avec ce nom désormais inaccessible. Il évoquait les chardons nombreux à cette époque dans le jardin à l'abandon et le nom occitan (cardonilha) de ces oiseaux qui les peuplent.

14:35 Publié dans Historique | Lien permanent | Commentaires (2)

Vendanges 2008

Ca y est. On est partis...

On a commencé ce matin avec les chardonnays. Cette parcelle de 2ha nous aura donné du souci. Plantée en 2000, elle a eu du mal à voir le jour. Nous avions pourtant fondé beaucoup d'espoirs sur elle : sol de coteaux, exposition idéale, une longue réflexion sur le porte greffe adéquat, le palissage idéal, la taille en Royat censée apporter une maturité plus régulière.

Résultat : un rendement qui se traine a des valeurs dignes des vins d'exception sans la qualité organoleptique normalement associée à de telles valeurs.

On a travaillé la parcelle, on a repensé nos modes de conduite. L'an dernier déjà elle donnait des signes de réveil et ce matin, bonne nouvelle, un rendement raisonnable et des raisins parfaits. Tout est rentré, on vinifie...

On vous tient au courant pour la suite...

12:50 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (1)